Partie IV - Les chantiers de la souveraineté recouvrée

6 - Politique familiale et natalité

La baisse de la fécondité française n’est pas un phénomène culturel inéluctable : c’est la conséquence documentée de l’érosion progressive du soutien matériel aux familles depuis les années 1970. La part des allocations familiales dans le revenu moyen des foyers a reculé continûment depuis 1946, avec une corrélation directe avec la baisse du taux de fécondité. La réponse est donc économique et matérielle avant d’être culturelle ; on ne fait pas d’enfant par impossibilité concrète, pas par manque d’envie.

Le congé parental

Le congé maternité est porté à 12 mois, rémunéré à 80% du salaire net avec un plancher au SMIC, afin que le choix de s’arrêter soit réellement possible pour toutes les familles et pas seulement pour celles qui peuvent se permettre une perte de revenus. Le congé paternel est fixé à 3 mois aux mêmes conditions (80% du salaire net, plancher au SMIC). Il est non transférable à la mère et non reportable : s’il n’est pas pris, il est perdu. Ce caractère non transférable est délibéré ; l’expérience des pays nordiques montre que c’est la seule façon de garantir une utilisation réelle par les pères et non un transfert systématique à la mère qui reproduit les inégalités professionnelles existantes.

Le statut du parent au foyer

Un parent qui choisit de s’arrêter de travailler pour élever ses enfants au-delà du congé parental exerce une fonction sociale réelle et précieuse : il élève les futurs citoyens de la nation. Ce choix est reconnu et valorisé, pas traité comme une situation de dépendance ou un renoncement. Les cotisations retraite du parent au foyer sont maintenues par l’État sur la base du SMIC pendant toute la durée de l’arrêt : un parent ne sacrifie pas ses droits à la retraite pour élever ses enfants. Une allocation spécifique est versée pour rendre ce choix économiquement viable, dont le montant est défini par les économistes dans le cadre du principe qu’il doit représenter une réelle contribution au niveau de vie de la famille et non un symbole.

Les allocations familiales - progressivité délibérée

Les allocations familiales sont universelles : versées à toutes les familles sans condition de ressources. Leur structure est délibérément non linéaire pour créer une incitation réelle au passage à 3 enfants et au-delà, le palier démographiquement décisif.
Un enfant unique ne donne pas droit aux allocations : un enfant, c’est le remplacement démographique d’un parent, pas encore une contribution à la croissance de la nation. À deux enfants, les allocations commencent ; le seuil de remplacement démographique est atteint. À trois enfants et au-delà, le montant progresse significativement à chaque enfant supplémentaire, pas de façon linéaire mais de façon croissante, pour que chaque enfant supplémentaire représente une amélioration réelle et perceptible du niveau de vie de la famille. Les montants précis sont définis par les économistes dans le cadre de ce principe.
Les allocations sont indexées sur le coût réel de l’enfant, et non sur l’indice des prix à la consommation général qui sous-estime systématiquement les dépenses liées à l’éducation et à la vie familiale.

Les services publics familiaux

Les crèches publiques universelles et gratuites sont une priorité absolue du département : objectif de couverture totale des besoins dans les dix ans. L’école primaire, la cantine et le périscolaire sont sous responsabilité départementale, avec une participation familiale échelonnée sur vingt niveaux pour la cantine selon le revenu.
Pendant la montée en puissance des crèches publiques, le système des assistantes maternelles est maintenu et renforcé : c’est aujourd’hui le premier mode de garde des enfants de moins de trois ans en France, avec plus de 300 000 professionnelles actives. Leur statut salarial est renforcé (protection chômage entre contrats, droits à la retraite corrects, même logique que les autres métiers du soin). La gestion administrative est simplifiée : le département gère le contrat et la rémunération, la famille paye une participation selon ses revenus sur le modèle de la crèche. Au fur et à mesure que les crèches publiques couvrent le territoire, les assistantes maternelles choisissent librement de rejoindre une structure publique ou de continuer en libéral pour celles qui préfèrent ce mode de garde. C’est la même logique que partout ailleurs dans le projet : on ne détruit pas avant d’avoir construit, on ne crée pas de vide en attendant la solution idéale.
Le logement familial est traité dans le chantier dédié ; il est indissociable de la politique nataliste et les deux se renforcent mutuellement.