Partie IV - Les chantiers de la souveraineté recouvrée
17 - Culture, école et continuité nationale
La culture et l’éducation constituent le socle immatériel de la souveraineté nationale. Une nation qui ne transmet pas son histoire, sa langue, ses valeurs et ses traditions à sa jeunesse se prive de son identité et fragilise sa cohésion. Dans un contexte de refondation, l’école doit redevenir le lieu où se construisent la connaissance, le civisme et le sens de la continuité nationale, tout en incarnant la diversité de notre territoire et de nos peuples.
Transmission historique et civique
L’école enseigne l’histoire de France non pas comme une succession d’événements, mais comme une narration qui fonde le récit national et permet aux citoyens de comprendre leur place dans la continuité de l’État. La géographie, la langue et les institutions sont étudiées pour offrir aux élèves une connaissance précise de leur pays, de ses territoires et de ses enjeux stratégiques : formant ainsi la base d’une citoyenneté responsable et éclairée.
Une école centrée sur l’essentiel
Les savoirs fondamentaux - français, mathématiques, anglais, histoire et géographie - restent le cœur du programme. Ils sont enseignés avec rigueur, clarté et exigence, afin de donner à chaque élève les outils intellectuels nécessaires pour participer pleinement à la vie nationale et civique. L’objectif est de concentrer l’enseignement sur ce qui construit l’esprit critique et la maîtrise des compétences indispensables à l’avenir, tout en intégrant des activités pratiques permettant de relier les savoirs à la réalité concrète du territoire. Les matières jugées annexes - arts plastiques, musique, LV2, EPS, technologie au collège - peuvent être réduites pour dégager du temps pour ces activités prioritaires. Les enseignants conservent une marge de manœuvre pour adapter les contenus au terrain et aux élèves, sauf pour les enseignements fondateurs que la nation impose.
La cuisine traditionnelle - une nouvelle matière
Cette matière constitue une exception délibérée au principe de concentration sur les fondamentaux, justifiée par ses quatre fonctions simultanées : cohésion nationale par le partage d’un patrimoine commun, transmission intergénérationnelle des savoir-faire et de la mémoire culinaire, conscience du terroir et des cycles naturels, et soutien direct à l’agriculture locale. Loin du cliché du cours domestique, il s’agit d’inculquer aux élèves la culture gastronomique française, l’amour des produits et la conscience du respect dû à ce qu’on consomme : derrière un morceau de viande se trouve un animal, et chaque produit cache un producteur. Les élèves apprennent à préparer des plats emblématiques de la métropole mais aussi des territoires d’outre-mer - Antilles, Guyane, Polynésie et autres - pour célébrer l’ensemble de la diversité française. La valorisation des déchets alimentaires est intégrée par la réalisation de recettes permettant de réduire le gaspillage.
Chaque élève tient son propre carnet de recettes, guide pratique pour la vie d’adulte et témoignage de sa connaissance des terroirs français. Des interventions d’artisans, de producteurs et de retraités associent savoir-faire, histoire et vécu des territoires. Les classes se déplacent sur des sites de production pour découvrir l’agriculture, l’élevage, la pêche et la vie rurale ou maritime : créant un lien direct entre l’apprentissage et la réalité de la nation.
Ces cours ont une application concrète dans les cantines scolaires. Les cantines achètent en circuits courts, ou à défaut des produits français issus de préférence de coopératives ou de petits producteurs locaux, en respectant strictement la saisonnalité. Aucun produit étranger ne figure dans les assiettes des élèves dès lors qu’un équivalent français est disponible : des repas sains, savoureux et ancrés dans le terroir national, qui reconnectent les élèves aux cycles naturels et aux réalités agricoles, et soutiennent directement l’agriculture française, en particulier les petits producteurs. Avec des participations familiales échelonnées sur 20 niveaux de 1 à 11 euros par repas, cette mesure est chiffrée à 2 à 3 milliards d’euros par an, le repas étant estimé autour de 10 à 12 euros.
Éducation et liens entre la métropole et les outre-mers
L’école n’est pas seulement un lieu d’enseignement académique : elle est un instrument majeur de cohésion nationale et de transmission du lien entre tous les Français, quels que soient leur lieu de naissance ou leur territoire. Trop longtemps, la France s’est concentrée sur la métropole, négligeant la richesse humaine, culturelle et patrimoniale de ses territoires ultramarins. Rétablir ce lien est une priorité pour assurer la continuité nationale et l’unité du pays.
Les élèves d’outre-mer bénéficient de voyages dans la métropole, allant au-delà de Paris pour découvrir des lieux emblématiques du patrimoine national - le Mont-Saint-Michel, le Mont-Valérien et d’autres sites symboliques liés à l’histoire, à la culture ou à la production locale -. Ces séjours créent des liens avec la métropole, approfondissent la compréhension de la diversité historique et culturelle du territoire et renforcent le sentiment d’appartenance à une nation unique.
À l’inverse, les élèves de métropole découvrent les territoires ultramarins - Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin, Saint-Barthélemy - pour en connaître le patrimoine naturel, historique et scientifique, en comprendre les réalités locales et renforcer le lien entre citoyens français.
Les voyages incluent également des déplacements entre territoires d’outre-mer : un Réunionnais visite la Guyane, un Calédonien la Polynésie française, un Guadeloupéen la Martinique. L’objectif est que chaque jeune comprenne que la France ne se limite pas à la métropole, que tous les territoires sont équivalents et que la citoyenneté nationale implique la connaissance et le respect de l’ensemble du pays. Si un ou plusieurs territoires n’ont pas été expérimentés pendant le parcours scolaire, le service militaire compensera cette lacune en envoyant le jeune adulte concerné dans une caserne située dans ces territoires.
Ces voyages ne sont pas touristiques : ils sont pédagogiques et expérientiels, avec visites de producteurs locaux, immersion dans les activités économiques et agricoles, participation à des projets collectifs. Des expériences uniques - l’ascension du piton de la Fournaise à La Réunion ou l’assistance au décollage d’une fusée à Kourou - font comprendre concrètement la richesse et les enjeux stratégiques de ces territoires.
Au-delà des frontières françaises, les échanges internationaux privilégient les pays francophones stables politiquement - le Québec, le Sénégal et d’autres partenaires francophones pertinents selon les situations géopolitiques -. L’objectif est de renforcer la langue française comme vecteur de cohésion et de convergence culturelle, de créer des liens durables entre les jeunes générations et de transmettre l’identité commune à l’ensemble de la francophonie.
Le principe est simple : rapprocher tous les Français, favoriser la découverte du patrimoine national et ultramarin, consolider la langue française comme pilier de la cohésion et de la souveraineté culturelle. Le but ultime est que, à la fin de sa scolarité, chaque élève ait pu visiter le maximum possible des territoires ultramarins et compris leur rôle dans la nation française, tout en ayant expérimenté concrètement leur patrimoine et leur économie.
Culture et souveraineté
La culture n’est pas un simple divertissement : elle est un levier de souveraineté. La langue, la littérature, les arts plastiques et visuels, la musique, le théâtre, le cinéma, le patrimoine historique et architectural, ainsi que la gastronomie incarnent la mémoire et l’identité collective. Leur transmission assure la continuité nationale, renforce le sentiment d’appartenance et protège le pays contre toute dilution culturelle ou domination étrangère.
Le récit national, consolidé par l’histoire et la culture matérielle et immatérielle, constitue un socle politique et civique unifiant la population au-delà des divisions locales, sociales ou idéologiques. Il forge le cadre dans lequel les citoyens comprennent les enjeux communs, partagent des repères et peuvent agir collectivement pour l’intérêt général.
L’école et la culture agissent de concert : former des citoyens compétents et conscients, tout en maintenant vivant l’amour du pays, de ses traditions et de sa diversité. L’enseignement rigoureux des savoirs fondamentaux est complété par des pratiques culturelles concrètes - ateliers artistiques, théâtre, musique, sorties patrimoniales, cuisine traditionnelle et patrimoine gastronomique, exploration des productions culturelles contemporaines -.
L’Établissement public national du patrimoine
La France possède environ 43 000 monuments historiques classés ou inscrits, répartis sur l’ensemble du territoire national et des outre-mer. Cet héritage exceptionnel souffre d’un double problème structurel : la dispersion des responsabilités entre communes, départements, régions et État, et la disparition progressive des savoir-faire artisanaux nécessaires à son entretien.
Un Établissement public national du patrimoine - EPNP - est créé pour piloter, financer et exécuter l’entretien et la restauration du patrimoine monumental français. Ce n’est pas un gestionnaire administratif supplémentaire : c’est un corps de métier vivant, doté de ses propres ouvriers salariés spécialisés, organisé autour de la transmission des savoir-faire et de la planification stratégique à long terme. Il planifie l’entretien de chaque monument sur des cycles pluriannuels de 10 à 20 ans avec des objectifs mesurables et des responsables identifiés, exécute directement les travaux sans externalisation systématique, transmet les savoir-faire en partenariat avec les Compagnons du Devoir, évalue l’état de conservation du parc patrimonial via des audits réguliers transmis à la HCEP, et coordonne avec le Commissariat au Plan la planification des investissements et l’allocation des budgets.
Le corps de métiers permanents compte entre 5 000 et 8 000 ouvriers spécialisés - taille de pierre et sculpture, charpente traditionnelle, ferronnerie d’art, dorure et peinture de conservation, vitraillerie, maçonnerie et enduits traditionnels, staffeurs et plâtriers, couverture traditionnelle, menuiserie et ébénisterie, charpente navale pour le patrimoine maritime et les territoires d’outre-mer -.
La révélation la plus cruelle du chantier de restauration de Notre-Dame a été l’incapacité à trouver rapidement des charpentiers maîtrisant la taille du chêne selon les techniques traditionnelles. Des savoir-faire qui avaient mis des siècles à se constituer avaient pratiquement disparu faute de débouchés stables. Il a fallu chercher dans toute la France, et parfois à l’étranger. L’EPNP résout ce problème structurellement : ces professionnels ne sont pas des intermittents de chantier, ils sont employés à plein temps, formés en continu, et accumulent une connaissance technique et historique irremplaçable sur les monuments dont ils ont la charge. Budget salarial estimé entre 175 et 360 millions d’euros par an : montant très inférieur au coût actuel des chantiers externalisés en urgence, sans compter la valeur inestimable des savoir-faire maintenus vivants en permanence.
Le partenariat avec les Compagnons du Devoir
Les Compagnons du Devoir sont une association loi 1901, privée et indépendante, qui perpétue depuis des siècles la tradition du compagnonnage : le tour de France des apprentis, la transmission de maître à compagnon, l’exigence du chef-d’œuvre. Leur indépendance est leur force et leur crédibilité. Il ne s’agit pas de les intégrer à l’EPNP ni de les étatiser : ce serait tuer ce qui les rend irremplaçables.
Le partenariat repose sur une logique simple : l’État crée le cadre, garantit les débouchés et finance les formations ; les Compagnons forment selon leurs méthodes propres et transmettent selon leur tradition vivante. L’EPNP finance des places d’apprentissage sur les chantiers du patrimoine, ouvre ses monuments comme terrain de formation et étapes officielles du tour de France, accorde des marchés préférentiels aux artisans compagnons référencés et intègre comme ouvriers salariés permanents les meilleurs d’entre eux. En retour, les Compagnons forment selon les méthodes traditionnelles du compagnonnage, transmettent les savoir-faire rares et menacés de disparition, certifient les compétences reconnues par l’EPNP et apportent leur expertise sur les techniques d’époque.
L’idée centrale est simple : les chantiers de l’EPNP deviennent des étapes officielles du tour de France des compagnons. Un apprenti tailleur de pierre qui effectue son tour de France passe par Notre-Dame, par le château de Versailles, par la cathédrale de Reims. Il y travaille sous la direction d’un compagnon expérimenté, sur des matériaux et des techniques qui n’existent nulle part ailleurs. Ce que ça produit pour l’apprenti : une formation sur les matériaux les plus exigeants qui soient, avec des contraintes de précision et de respect de l’existant qui dépassent tout ce qu’un chantier ordinaire peut offrir. Ce que ça produit pour le patrimoine : un flux régulier de jeunes professionnels formés aux techniques spécifiques de chaque monument, qui alimentent ensuite le corps permanent de l’EPNP ou s’installent comme artisans référencés. Les savoir-faire ne disparaissent plus entre deux chantiers : ils sont maintenus vivants en permanence.
Les jeux vidéo - culture nationale et vecteur de valeurs
Le jeu vidéo constitue aujourd’hui un vecteur central de diffusion culturelle et de valeurs, influençant massivement la jeunesse. Il ne s’agit pas de le considérer comme un simple loisir : c’est un outil de transmission culturelle et narrative, capable d’enseigner l’histoire, de valoriser le patrimoine, de développer la réflexion stratégique et la créativité. Encourager la production de jeux vidéo français, ancrés dans l’histoire, la géographie et la culture nationales, permet de porter la voix de la France sur les plateformes mondiales, tout en formant des publics critiques et conscients de leur héritage.
Par ce double mouvement - enseignement rigoureux des savoirs essentiels et pratique incarnée de la culture nationale, incluant les médias modernes comme le jeu vidéo - la jeunesse est préparée à devenir responsable, autonome et fière de sa nation, capable de comprendre et de défendre son identité culturelle dans un monde globalisé.