Partie V - Relations internationales et diplomatie

Sortie de l’Union Européenne et relations européennes

La sortie de l’Union européenne n’est pas un objectif en soi : c’est une conséquence logique et inévitable de la restauration de la souveraineté. Tant que la France reste membre de l’UE telle qu’elle est construite, elle ne contrôle pas sa politique monétaire, pas sa politique commerciale, pas ses règles de concurrence, pas ses normes agricoles, pas ses frontières extérieures.

La sortie : méthode et calendrier

La sortie de l’UE est une urgence vitale : elle figure dans le premier niveau de priorité de la transition. Rester à l’intérieur d’une Union consciente de sa survie pendant la période de transition serait une erreur stratégique majeure. La sortie s’opère donc rapidement, sans négociation préalable sur le fond. On notifie, on sort, on négocie ensuite depuis une position de souveraineté pleine.
La Banque de France retrouve immédiatement le contrôle de l’émission monétaire. Le franc est rétabli. Le retour à la souveraineté monétaire est le levier le plus puissant de la reprise en main économique.
La sortie de l’euro comporte des risques réels à court terme, connus, documentés et adressables. Un contrôle des capitaux appliqué dès le premier jour, sur le modèle islandais de 2008, contient la fuite des capitaux. L’inflation importée est temporaire et gérable, comparable en ordre de grandeur à celle du choc covid de 2020-2022. La dette est convertie en francs par application de la lex monetae, principe de droit international qui reconnaît le droit souverain d’un État à définir sa propre monnaie. Un moratoire sur le report du remboursement des intérêts de la dette dégage les marges de manœuvre nécessaires au financement de la transition. Ces mécanismes et leurs chiffrages précis sont développés dans l’annexe économique.

Ce qu’on garde, ce qu’on quitte

On quitte sans regret la politique de concurrence libre et non faussée, la politique commerciale commune, la monnaie unique et Schengen. On conserve en revanche les coopérations qui servent l’intérêt national : Airbus comme programme industriel bilatéral, Erasmus renégocié en accord bilatéral, certaines coopérations scientifiques et technologiques, la coopération judiciaire ciblée. La ligne de partage est simple : on garde ce qui est une coopération concrète entre États souverains sur des sujets précis, on quitte ce qui est une délégation de souveraineté à une institution supranationale.

Les relations avec les pays européens

La relation franco-allemande au sein de l'UE était structurellement déséquilibrée : l'Allemagne imposait sa vision monétaire et budgétaire, la France subissait. Hors de l'UE, cette relation ne peut pas se refonder immédiatement sur l'égalité réelle : tant que l'Allemagne reste membre de l'Union, elle n'a pas de marges de manœuvre bilatérales réelles. Sa politique commerciale, ses règles de concurrence et sa politique monétaire sont contraintes par les traités européens. Négocier avec Berlin, c'est négocier avec le bloc. La France prend acte de cette réalité et traite l'UE comme ce qu'elle est : une entité commerciale et réglementaire, pas un partenaire politique. Si l'Allemagne ou d'autres États membres font le choix souverain de sortir de cette tutelle, des accords bilatéraux précis sur l'industrie, l'énergie, la défense et la recherche deviendront possibles - entre égaux, sans médiation supranationale.
Pour les pays qui ont fait le choix souverain de sortir de l'UE, la France propose une relation directe, transparente, sans intermédiaire supranational : des coopérations concrètes, thématiques, réversibles, nouées État à État. La géométrie variable est la règle. Concernant la Belgique, la distinction entre Wallonie et Flandre est essentielle : la Wallonie entretient des liens organiques profonds avec la France - culturels, linguistiques, économiques, humains -. La Flandre, qui domine politiquement et économiquement le pays, a une orientation stratégique et commerciale qui regarde davantage vers les Pays-Bas, l'Allemagne et les États-Unis, comme en témoigne l'achat d'armement américain au détriment d'alternatives nationales ou continentales. La diplomatie française tient compte de cette réalité sans s'illusionner sur une solidarité francophone belge qui ne se traduit pas toujours dans les actes.