Partie V - Relations internationales et diplomatie

La relation avec les États-Unis

La relation franco-américaine est l’une des plus anciennes et des plus complexes de l’histoire diplomatique moderne. La sortie de l’OTAN clarifie cette relation sans la rompre : elle la replace sur ce qu’elle devrait toujours avoir été, un partenariat entre États souverains qui partagent des intérêts communs sans partager les mêmes intérêts sur tout. La lutte contre le terrorisme islamiste, la stabilité des routes maritimes mondiales et la résistance à une hégémonie mondiale unipolaire sont des intérêts partiellement partagés qui justifient une coopération ciblée, sans obligation d’alignement général. En revanche, la politique commerciale est structurellement conflictuelle : extraterritorialité du droit américain, sanctions unilatérales, utilisation du dollar comme arme économique. La politique au Proche-Orient diverge structurellement ; la France y défend une posture équilibrée fondée sur ses intérêts historiques et stratégiques propres, pas sur un alignement inconditionnel. La politique africaine est un terrain de compétition directe que la France assume sans agressivité mais sans naïveté.

L’extraterritorialité du droit américain : une ligne rouge

L’extraterritorialité du droit américain ne s’applique pas sur le territoire français. Les entreprises françaises ne peuvent pas être poursuivies par des juridictions américaines pour des activités menées hors du territoire américain. La France développe ses propres instruments juridiques de résistance : activation effective du règlement de blocage, refus de coopérer avec des procédures judiciaires étrangères visant des activités commerciales légales en France.

La dédollarisation progressive

La France travaille à réduire sa dépendance au dollar dans ses transactions internationales : non par rupture brutale, mais par diversification progressive vers le franc dans les accords bilatéraux, le développement d’alternatives aux systèmes de paiement américain et la constitution de réserves de change diversifiées.

Ce que dit la France aux États-Unis

Le message est simple et direct : nous sommes des amis de longue date, nous partageons des valeurs fondamentales et des intérêts communs sur de nombreux sujets, nous sommes prêts à coopérer étroitement là où nos intérêts convergent. Mais nous ne sommes pas des vassaux, nous n’acceptons pas votre tutelle stratégique, et nous nous réservons le droit de diverger quand nos intérêts l’exigent.