Partie V - Relations internationales et diplomatie

Relations avec les organisations internationales

Sorties immédiates

La CEDH et le Conseil de l’Europe sont quittés simultanément à l’UE, voire en amont si possible. Rester dans ces structures après avoir quitté l’UE laisserait des portes d’entrée ouvertes pour des contraintes juridiques extérieures. La CEDH ne renégociera rien : sa jurisprudence est ce qu’elle est, construite sur des décennies. Toute tentative de renégociation serait une perte de temps au service d’un résultat nul. La logique de la transition impose de fermer tous les leviers de pression extérieure avant qu’ils ne servent à freiner ou déstabiliser le processus.

L’ONU et le Conseil de sécurité

Le siège permanent de la France au Conseil de sécurité avec droit de veto est l’actif diplomatique le plus précieux que la France possède. Ce siège ne se négocie pas, ne se partage pas et ne s’européanise pas. La France l’utilise activement et souverainement : y compris pour voter avec des pays que l’Occident considère comme adversaires quand ses intérêts l’exigent.

L'aide publique au développement

Aucune aide publique au développement ne peut être décidée, maintenue ou supprimée sans mandat populaire explicite. C'est le peuple français qui travaille, qui cotise, et dont une fraction du fruit est prélevée pour être versée à l'étranger : il lui appartient d'en décider. Chaque aide bilatérale significative est donc soumise à référendum national, précédé d'un débat public incluant le coût réel par contribuable et un bilan documenté des aides précédentes. Le mandat ainsi accordé est limité dans le temps - dix ou vingt ans - puis remis automatiquement aux voix. Une génération ne décide pas pour la suivante. Ce mécanisme n'implique pas de logique globale : le peuple peut décider de maintenir une aide à un pays et de suspendre celle à son voisin, ou de tout supprimer, ou de tout maintenir. C'est son choix, aide par aide. Les contributions aux organisations multilatérales dont la France se retire disparaissent mécaniquement : elles ne font l'objet d'aucun référendum puisque les structures qui les recevaient n'existent plus dans le périmètre français.

L’OMS

La France maintient sa participation à l’OMS pour les fonctions légitimes : surveillance épidémiologique, coordination des réponses aux pandémies, partage des données scientifiques. Elle refuse catégoriquement tout traité ou amendement qui donnerait à l’OMS un pouvoir contraignant sur les décisions sanitaires nationales.

Le FMI et la Banque mondiale

La France plaide pour une réforme profonde de ces institutions : réforme de la gouvernance, redéfinition des conditions d’octroi des prêts, réorientation vers le développement réel. Si ces réformes restent bloquées, elle soutient le développement d’institutions alternatives.

L’OMC

La France maintient sa participation à l’OMC pour la prévisibilité du cadre commercial international. Elle refuse toute décision du mécanisme de règlement des différends qui contraindrait ses politiques commerciales souveraines. Elle est prête à payer les compensations tarifaires prévues plutôt que de modifier des politiques qui relèvent de sa souveraineté.

Les BRICS

Les BRICS représentent aujourd’hui plus de 40% du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat et portent un projet politique explicite : construire un ordre international alternatif à l’hégémonie occidentale et réduire la dépendance au dollar. La France partage plusieurs de leurs critiques fondamentales : refus de l’unilatéralisme américain, demande de réforme des institutions de Bretton Woods, principe de non-ingérence.
Mais la France ne peut pas adhérer aux BRICS sans compromettre le non-alignement actif qui est le principe fondateur de sa diplomatie indépendante retrouvée. Elle demande donc un statut d’observateur : présente aux sommets et groupes de travail, participant aux discussions sans droit de vote, suivant en temps réel les évolutions sur la dédollarisation et la nouvelle architecture financière, maintenant simultanément un dialogue avec le G7 et avec les BRICS. Ce double canal est la traduction concrète du non-alignement actif. Une France observatrice aux BRICS complique le narratif purement anti-occidental et oblige à des nuances que sa présence seule rend nécessaires.