Partie V - Relations internationales et diplomatie
La relation avec la Russie
La Russie est le cas diplomatique le plus délicat pour une France souveraine : précisément parce qu’il exige de résister à deux pressions symétriques également dangereuses, la pression atlantiste qui demande l’alignement automatique contre Moscou, et la tentation inverse d’un rapprochement idéologique au nom du souverainisme. La France souveraine refuse les deux.
Ni alignement ni naïveté
La Russie est une grande puissance nucléaire, une civilisation millénaire, un acteur incontournable de l’équilibre européen et mondial. Elle ne disparaîtra pas et aucune pression occidentale ne la transformera. La position française est celle du réalisme lucide : ni l’ennemi existentiel que le discours atlantiste construit, ni le partenaire naturel que certains fantasment.
La guerre en Ukraine : une position souveraine
La guerre en Ukraine est un conflit entre nations historiquement liées dont les frontières n’ont jamais été stabilisées après l’effondrement de l’URSS. Ce règlement de comptes ne concerne pas directement la France. S’en mêler, prendre parti, envoyer des armes ou des hommes : c’est de l’ingérence, et l’ingérence est précisément ce que la doctrine française refuse par principe, de façon universelle et non sélective.
Les sanctions décidées dans le cadre de l’UE l’ont été sans mandat souverain français. Elles sont levées : non par pro-russisme, mais au titre de la non-ingérence et parce qu’elles pénalisent l’économie française sans résultat démontrable sur le comportement russe.
Quelle que soit la tension du moment, la France maintient un canal diplomatique ouvert avec Moscou. C’est une règle absolue : la diplomatie n’a de sens que dans les moments difficiles. Ce canal permanent permet à la France de jouer un rôle de médiation et de désescalade que les pays pleinement alignés sur la position américaine ne peuvent pas jouer.
Ce que la France dit à la Russie
Nous ne sommes ni vos ennemis ni vos alliés automatiques. Nous appliquons avec vous les mêmes principes qu’avec tout autre État : non-ingérence, dialogue permanent, coopération là où les intérêts convergent, fermeté là où ils divergent.