Partie V - Relations internationales et diplomatie

La relation avec la Chine

La Chine est le défi diplomatique le plus complexe du XXIe siècle : simultanément partenaire commercial incontournable, concurrent industriel agressif, rival systémique sur le long terme, et puissance qui remodèle l’ordre mondial à une vitesse sans précédent historique. La France refuse les deux caricatures symétriques : ni la Chine partenaire stratégique naturel, ni la Chine ennemi existentiel à contenir.

Les dépendances critiques : la priorité absolue

Avant toute doctrine diplomatique, le Commissariat au Plan cartographie systématiquement les dépendances françaises vis-à-vis de la Chine dans chaque secteur stratégique : terres rares et matériaux critiques, composants électroniques, principes actifs pharmaceutiques, équipements de réseau. Chaque dépendance identifiée fait l’objet d’un plan de résorption progressive.
Les terres rares méritent une attention particulière. La Chine contrôle environ 70% de la production mondiale et plus de 85% de la capacité de raffinage. La France dispose de gisements potentiels sur son territoire et dans ses territoires d’outre-mer : leur exploration et leur exploitation sont une priorité nationale.

Le commerce : réciprocité stricte

La relation commerciale franco-chinoise est structurellement déséquilibrée. Des droits de douane souverains rétablissent progressivement un équilibre. La réciprocité est le principe directeur : la Chine impose des conditions strictes aux investissements étrangers sur son territoire, la France doit appliquer des conditions symétriques aux investissements chinois dans les secteurs stratégiques.

La question de Taïwan

La France reconnaît la politique d’une seule Chine. Elle considère que toute modification du statu quo par la force est inacceptable : non par solidarité automatique avec Washington, mais parce que la stabilité de l’Indo-Pacifique touche directement ses intérêts via ses territoires d’outre-mer. La France ne s’engage pas à défendre Taiwan militairement ; elle soutient une résolution pacifique et négociée.

La Nouvelle-Calédonie et le Pacifique

La présence chinoise croissante dans le Pacifique Sud est une réalité géopolitique que la France ne peut pas ignorer. La réponse française n’est pas l’hystérie sécuritaire : c’est la présence renforcée. Une marine nationale capable d’assurer une présence permanente dans ses espaces maritimes, une politique de développement économique qui réduit la vulnérabilité des territoires aux offres chinoises.

Ce que la France dit à la Chine

Nous reconnaissons votre puissance, nous respectons votre civilisation, nous souhaitons des relations commerciales équilibrées. Mais nous identifions et résorbons nos dépendances vis-à-vis de vous, nous défendons nos intérêts dans le Pacifique, et nous refusons de choisir entre vous et les États-Unis : parce que nous ne choisissons pas de camp.