Partie V - Relations internationales et diplomatie
La relation avec l’Inde
L’Inde est le partenaire naturel que la diplomatie française traditionnelle a systématiquement sous-estimé. Cinquième puissance économique, deuxième armée mondiale, l’Inde partage avec la France une posture fondamentale : le non-alignement. Nehru en a posé les bases, New Delhi les maintient avec une constance remarquable face aux pressions des deux blocs. C’est le pays qui a inventé ce que la France souveraine revendique comme doctrine.
Les intérêts convergents
Dans l’océan Indien, nos territoires - La Réunion, Mayotte, les Terres australes - et les intérêts maritimes indiens se croisent dans une zone stratégique commune. Une coopération de surveillance et de sécurisation maritime entre souverains, sans interdépendance ni commandement intégré, sert les deux parties sans contrainte aucune. Sur le plan industriel, les coopérations existantes - Rafale, nucléaire civil, spatial entre le CNES et l’ISRO - sont à entretenir et développer dans un cadre commercial et technique, sans institutionnalisation qui créerait des dépendances.
Les points de divergence assumés
La relation indienne à la Chine est structurellement différente de la posture française : une frontière terrestre conflictuelle, une méfiance historique profonde. Ce n’est pas le problème de la France. Chaque souverain gère ses propres contentieux. La France ne s’aligne pas sur la posture indienne vis-à-vis de Pékin, l’Inde ne s’aligne pas sur la posture française. C’est la condition d’un partenariat entre égaux.
Ce que la France dit à l’Inde
Nous partageons une vision du monde fondée sur la souveraineté des nations et le refus des blocs automatiques. Nous avons des intérêts convergents dans l’océan Indien et des coopérations industrielles mutuellement bénéfiques. Nous respectons vos choix souverains, y compris ceux qui divergent des nôtres. C’est la base d’une relation durable entre puissances indépendantes.