Partie III - Les institutions refondées

12 - Lien avec la transition et les chantiers

Les institutions décrites dans cette partie ne tombent pas du ciel le jour J. Elles se construisent pendant la transition : progressivement, dans l’ordre, sans vide de pouvoir et sans rupture des fonctions vitales de l’État.
Au départ, l’ordre institutionnel reste celui de la Ve République. Les autorités en place continuent d’exercer leurs compétences : la continuité juridique, administrative et sociale de l’État n’est pas négociable. Pendant ce temps, les nouvelles institutions sont introduites progressivement, d’abord comme structures transitoires, puis comme pôles de compétence appelés à se substituer aux organes existants. Chaque création s’accompagne d’un transfert explicite et transparent des responsabilités. La population est tenue informée en permanence : qui fait quoi, pourquoi, dans quel cadre.
La transition n’est pas une période neutre d’attente. C’est un moment d’action simultanée sur deux fronts. On reconstruit les institutions pendant qu’on engage les premiers chantiers opérationnels. Les deux mouvements se conditionnent mutuellement : des institutions solides rendent les chantiers possibles, des chantiers avancés légitiment les institutions. L’ordre des priorités est celui de la survie souveraine : sécurité intérieure d’abord, puis alimentation, énergie et ressources critiques, puis défense, industrie stratégique et numérique.
Le roi n’arrive pas au début de ce processus. Il en est l’aboutissement. Il apparaît lorsque les nouvelles institutions sont établies, lorsque la souveraineté populaire a été formellement réaffirmée, lorsque l’État a retrouvé une capacité minimale de contrôle sur ses leviers essentiels. Son rôle est alors de stabiliser, de garantir et d’inscrire dans la durée ce qui a été reconstruit. C’est la différence entre un homme providentiel qui surgit dans le chaos et une fonction institutionnelle qui attend que les conditions de son exercice soient réunies.
La partie suivante est consacrée aux chantiers : non plus à ce que l’État doit devenir, mais à ce qu’il doit entreprendre immédiatement pour redevenir maître de son destin.