Partie VI - La transition
5 - Transition vers le régime définitif
La transition n’a de sens que si elle conduit à une stabilisation politique claire, assumée et validée par le peuple. Le passage au régime définitif ne s’impose pas par décret ni ne se précipite par une rupture institutionnelle brutale. Il procède d’une logique inverse : avancer chantier par chantier, restaurer concrètement la souveraineté, puis soumettre l’architecture d’ensemble à l’approbation populaire.
L’aboutissement formel de la transition prend la forme d’un référendum national de validation. Ce référendum ne porte pas sur une abstraction constitutionnelle : il porte sur un état de fait, des institutions déjà partiellement refondées, des leviers souverains déjà repris en main, une direction politique déjà éprouvée par l’action. Le peuple se prononce en connaissance de cause : non sur une promesse, mais sur une trajectoire.
En cas de refus populaire, le processus ne se fige pas et ne bascule pas dans le chaos. Il se transforme. Des ateliers constituants communaux sont organisés à l’échelle des communes, pour permettre une refondation plus directe et enracinée du régime : en partant du terrain, des réalités locales et des besoins concrets, plutôt que d’un schéma imposé d’en haut. La souveraineté ne se corrige pas par la contrainte : elle se reconstruit par l’adhésion.
La transition avance par chantiers thématiques clairement identifiés, chacun faisant l’objet d’une reprise en main coordonnée des acteurs compétents, sans empilement ni confusion des rôles. Sur l’économie, les grands industriels, les producteurs essentiels, la Banque de France, le Commissariat au Plan et les responsables politiques souverainistes en charge du dossier travaillent ensemble autour d’une table commune. La Banque de France retrouve son rôle initial et plein : émission monétaire, capacité d’emprunt, prêts directs à l’État, gestion de la dette, ajustements monétaires si nécessaires. Elle cesse d’être un simple relais technique pour redevenir un instrument stratégique au service de la nation. Le Commissariat au Plan assure la planification de long terme, l’articulation des politiques industrielles, énergétiques, sociales et territoriales, et la cohérence globale de l’action publique : il supervise, coordonne et évalue sans gouverner à la place du politique.
Ce mode opératoire vaut pour l’ensemble des chantiers : économie, énergie, numérique, défense, administration, justice, outre-mer, culture. Chaque domaine est traité selon son degré d’urgence, avec une répartition explicite des compétences et une responsabilité politique clairement identifiable. La transition n’est pas une parenthèse floue : c’est une méthode.
Le passage à la monarchie républicaine à la française s’inscrit dans cette logique graduelle. La figure monarchique n’apparaît qu’une fois les institutions stabilisées, les compétences clarifiées et la souveraineté redevenue effective. Elle ne remplace pas l’État : elle le garantit, le protège des dérives de court terme et l’inscrit dans une continuité longue. Le régime définitif n’est pas proclamé : il émerge. Il est le produit d’une souveraineté exercée, validée et stabilisée. La monarchie républicaine à la française ne se présente pas comme une rupture symbolique, mais comme la forme institutionnelle la plus à même de garantir, dans la durée, ce qui aura été reconstruit : l’autorité de l’État, la primauté du politique, et la continuité de la nation.