Partie VI - La transition

2 - Objectifs de la transition

La souveraineté ne se négocie pas et ne se divise pas. La transition ne la divise pas non plus : elle en construit les conditions une à une, dans l’ordre, sans prétendre qu’on y est avant d’y être. C’est la différence entre une refondation sérieuse et une proclamation sans lendemain.
La transition n’est pas une parenthèse idéologique ni un simple ajustement institutionnel. Elle est une phase d’action orientée vers un but unique : rendre à l’État la maîtrise effective de ses décisions fondamentales, dans un délai précis de 6 mois à 1 an, reconductible une fois jusqu’à 18 mois par référendum populaire si la situation l’exige. Tant que cette maîtrise n’est pas rétablie, toute architecture politique, aussi sophistiquée soit-elle, demeure formelle et vulnérable.
Le premier objectif est le rétablissement de la souveraineté réelle. Non une proclamation abstraite : une reprise concrète de contrôle sur les leviers essentiels de la puissance publique. L’armée relève exclusivement d’une chaîne de commandement nationale, libérée de toute tutelle extérieure. La monnaie et la politique financière redeviennent des instruments au service de l’intérêt général, permettant à l’État d’agir, d’investir et de se financer sans dépendance structurelle. Les frontières sont pleinement maîtrisées : non comme symbole, mais comme condition de la sécurité, de la cohésion sociale et de la décision politique. Le commerce extérieur, la politique sociale et la politique sanitaire relèvent à nouveau de choix souverains, assumés et réversibles.
Le second objectif est la neutralisation des dépendances critiques accumulées au fil des décennies : industrielles, énergétiques, technologiques, alimentaires, juridiques, financières, logistiques. La transition les identifie, les hiérarchise et engage immédiatement leur résorption. Il ne s’agit pas d’atteindre une autarcie illusoire, mais de mettre fin aux situations dans lesquelles l’État se trouve contraint, paralysé ou exposé à un chantage implicite faute de solutions nationales ou maîtrisées.
Le troisième objectif est la continuité des services essentiels. La refondation ne peut pas être vécue comme une rupture sociale ou administrative. Sécurité, justice, santé, approvisionnement, éducation, infrastructures, paiement des salaires et des retraites : ces fonctions vitales sont assurées sans interruption. Un pouvoir de transition qui laisserait se déliter les services essentiels perdrait immédiatement l’adhésion populaire qui fonde son action.
À la sortie de la transition, l’État est pleinement souverain, les nouvelles institutions sont pleinement en place, les anciennes structures sont dissoutes. La transition n’est pas un temps de mise en ordre : c’est un temps de reconquête, orienté vers des résultats tangibles, mesurables et immédiatement perceptibles par la nation.