Partie II - Le régime
1 - La fonction, pas le titre
Ce que ce projet propose n’est pas un retour nostalgique à la monarchie ni un choix idéologique en faveur d’une lignée ou d’un symbole. C’est la création d’une fonction institutionnelle précise, dotée d’attributs définis, de contre-pouvoirs réels et d’une légitimité populaire explicite. Le titre - roi, chancelier, garant de la souveraineté, président non rééligible à mandat long - est une question secondaire. Ce qui compte, ce sont les attributs de la fonction.
Ces attributs découlent directement des défaillances observées dans les régimes électifs :
La continuité. Un gouvernant élu sur cinq ans ne peut pas incarner la continuité de l’État. Son horizon est celui de son mandat, pas celui de la nation. La fonction d’incarnation exige une durée qui dépasse les cycles électoraux : assez longue pour que la figure soit identifiée, reconnue et crédible par les partenaires comme par les adversaires de la France.
La légitimité populaire. Aucune continuité, aucune compétence, aucune désignation ne vaut sans la validation du peuple. La fonction tire sa légitimité d’un référendum national. Ce n’est pas une monarchie de droit divin ni une technocratie cooptée : c’est une charge confiée par le peuple, révocable par le peuple, au service du peuple.
La révocabilité. Tout pouvoir fort doit être révocable. Un garant de la souveraineté qui n’en répondrait pas serait un tyran potentiel. Les mécanismes de révocation - instruits par le Sénat réformé, validés par référendum - ne sont pas des contraintes imposées de l’extérieur : ils sont la condition de la légitimité de la fonction.
L’activation en temps de crise uniquement. En temps ordinaire, la fonction est présente, visible, représentative. Mais silencieuse sur la gestion. Elle s’active quand les institutions ordinaires vacillent : crise militaire, rupture de souveraineté, effondrement financier, vide institutionnel. C’est là qu’elle produit sa valeur irremplaçable : la garantie que la France ne sera jamais sans point d’ancrage institutionnel, quel que soit le chaos ambiant.
La monarchie républicaine n’est donc pas la restauration d’un régime ancien. C’est l’institutionnalisation d’une fonction que la France a toujours eu besoin d’exercer, sans jamais avoir eu la sagesse de la rendre disponible en permanence.